Foule de gens interconnectés

Pleins feux sur nos anciens et anciennes : Un entretien avec Rob Wilson

marcCet entretien a eu lieu en avril 2026. Marc Babinski a quitté ses fonctions de chef des affaires juridiques au Chantier Davie peu de temps après pour partir à la retraite. Nous le félicitons pour sa carrière remarquable et le remercions d’avoir pris le temps de nous raconter son parcours.

En 2014, après 25 ans chez BLG, Marc Babinski a pris une décision qui pourrait paraître surprenante si l’on associe uniquement la réussite professionnelle à l’exercice dans le secteur privé : il s’est joint au Chantier Davie, qui venait alors d’être racheté, où il a occupé pendant 12 ans le poste de chef des affaires juridiques. Dans le cadre de ses fonctions, il a aidé l’entreprise à s’inscrire dans la Stratégie nationale de construction navale du Canada et à acquérir d’autres chantiers en Finlande et au Texas, s’assurant ainsi que Davie dispose d’assez de mandats de réparation de navires et de construction de brise-glaces pour garantir des emplois jusqu’à la prochaine décennie. Au cours d’une conversation franche avec son ami de longue date et ancien collègue Vincent Frenette, associé directeur du bureau de Montréal de BLG, Marc a fait le point sur sa carrière, l’excellence professionnelle et la valeur des relations qu’il a nouées au cabinet.

Vincent Frenette (VF) : Qu’est-ce qui t’a d’abord attiré au Chantier Davie, et pourquoi as-tu estimé que c’était une bonne occasion à saisir à ce stade de ta carrière, après 25 ans chez BLG où tu étais associé?

Marc Babinski (MB) : Je n’ai pas considéré ce nouveau poste comme un mouvement latéral, mais plutôt comme la progression naturelle de ma carrière, ce en quoi BLG m’a aidé en nourrissant mon esprit entrepreneurial et mon désir de produire une valeur ajoutée.

J’ai commencé à travailler chez BLG au bureau d’Ottawa, où je m’occupais de dossiers commerciaux. L’essor des hautes technologies m’a amené à m’orienter vers le capital de risque, les entreprises en démarrage et les fonds de travailleurs, ce qui m’a très tôt mis en contact avec le droit des affaires et les transactions.

Lorsque le marché d’Ottawa a ralenti, j’ai déménagé à Montréal afin de travailler sur des opérations de plus grande envergure. Quelques années plus tard, j’ai rencontré les propriétaires actuels du chantier naval. À cette époque, je travaillais déjà de près avec des chefs d’entreprise et je réfléchissais beaucoup à mon avenir et au type de carrière que je souhaitais mener.

Le Chantier Davie m’a alors semblé être la suite d’un parcours entamé des années auparavant, et non un changement de cap. J’ai également été très impressionné par le sens des affaires des propriétaires, avec lesquels j’ai pu collaborer étroitement, et c’est ce qui m’a convaincu de faire le grand saut.

VF : Au cours des 12 dernières années, le Chantier Davie est entré dans une nouvelle phase de croissance et de visibilité. En tant que chef des affaires juridiques, comment t’es-tu assuré que ton service suive cette trajectoire, et quelles compétences se sont avérées les plus importantes pour permettre à l’entreprise d’évoluer rapidement tout en gérant les risques?

MB : Le critère principal du succès a toujours été très clair pour les propriétaires et moi : est-ce que je contribue à créer une valeur ajoutée? C’est devenu le principe directeur de mon travail. De là, tout s’enchaîne logiquement. Je reconnais rapidement ce qui ne crée pas de valeur, et je me concentre sur les risques substantiels plutôt que d’essayer de gérer tous les risques imaginables.
Je repense souvent à une vieille maxime de J.P. Morgan : « Je ne veux pas qu’un avocat me dise que telle chose est impossible. Je l’engage pour qu’il m’explique comment la réaliser. »
Pour l’équipe juridique de Davie, cette philosophie s’est traduite par un partenariat avec BLG et d’autres conseillers de confiance qui comprennent l’importance d’un tel service au sein d’une entreprise.

VF : La technologie transforme la manière dont les juristes travaillent. Selon toi, comment des outils comme l’IA s’intègrent-ils dans la pratique du droit?

MB : L’adoption de nouvelles technologies pour gagner en efficacité est une pratique courante depuis des décennies; l’IA n’est que la dernière avancée en la matière. Il ne tient qu’à nous d’apprendre à nous en servir sans faillir à nos obligations déontologiques. Je pense ici en particulier au maintien du secret professionnel et à la prévention des hallucinations. L’utilisation d’agents d’IA dans la gestion d’un cabinet spécialisé en faillites, par exemple, mérite également d’être suivie de près. Si les juristes et les cabinets construisent ici l’avion en plein vol, ils ont toujours démontré leur capacité à adopter les nouvelles technologies sans pour autant perdre de ce qui les distingue des autres prestataires de services professionnels. Je me méfierais toutefois d’une offre de services qui s’appuie exclusivement sur l’IA comme argument de différenciation.

VF : Même après avoir quitté le cabinet, tu es resté proche de BLG. À quoi ressemble ce lien concrètement, et pourquoi est-il important pour toi?

MB : Travailler avec le cabinet est un grand plaisir pour moi. Nous nous sommes souvent appuyés sur l’expertise de BLG pour des dossiers transfrontaliers complexes. Collaborer avec des personnes qui connaissent déjà notre façon de penser apporte une stabilité d’une valeur inestimable. Nous n’aurions pas pu mener à bien ces dossiers de la même façon avec un autre cabinet.
Mais au-delà de ça, les gens de BLG sont mes amis. Bien que je sois reconnaissant d’avoir accès au réseau officiel des anciens et anciennes, ce qui compte le plus pour moi, ce sont les liens informels que j’ai maintenus avec mes collègues d’Ottawa et de Montréal. Je ne les vois pas assez, comme il arrive trop souvent avec les amis, mais quand on se retrouve, c’est toujours un beau moment.

VF : Qui a particulièrement marqué ta vie professionnelle chez BLG?

MB : Mes premières sources d’inspiration ont été les associés chevronnés du bureau d’Ottawa avec lesquels j’ai eu la chance de travailler. Ils ont donné le ton à tout ce qui a suivi. Ces personnes incarnaient à la perfection ce que signifie être un professionnel du droit.

À mesure que le cabinet a grossi et que j’ai été amené à travailler davantage dans différents bureaux, j’ai été influencé par les approches de Toronto et de Montréal. En tant que professionnels, nous nous tournons toujours vers d’autres avocats pour trouver de l’inspiration et nous conforter dans nos valeurs.

En ce sens, nous avons de la chance : nous sommes entourés de modèles qui deviennent un idéal à atteindre pour continuer de parfaire la profession.

VF : Sur quoi passes-tu la majorité de ton temps en ce moment, et comment ton rôle a-t-il évolué?

MB : Une grande partie de mon travail consiste à fournir des conseils stratégiques en gardant une vue d’ensemble; ce sont d’autres avocats qui s’occupent des détails et de la mise en œuvre. Parallèlement, la modernisation du chantier naval m’a incité à approfondir mes connaissances dans des domaines tels que le droit de l’environnement et de la construction, ce que j’ai trouvé vraiment passionnant. Tout cela fait partie de l’évolution de la pratique d’un avocat.

Les relations nouées chez BLG ne prennent pas fin lorsque vous quittez le cabinet. Que vous soyez un·e ex-membre souhaitant garder le lien ou que vous vouliez simplement en savoir plus sur notre communauté, rendez-vous ici pour découvrir le réseau des anciens et anciennes de BLG.