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Chaînes d’approvisionnement en santé : gérer les risques d’esclavage moderne dans l’achat de fournitures médicales

Les organismes de soins de santé doivent être conscients de la surveillance accrue dont font l’objet les chaînes d’approvisionnement, notamment en ce qui concerne les risques de travail forcé, de travail des enfants et d’esclavage moderne. En effet, le Canada commence à saisir des marchandises à la frontière et entre dans le troisième cycle de déclaration en vertu de la Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement (« loi sur l’esclavage moderne dans les chaînes d’approvisionnement »). Comme la majorité des hôpitaux publics du pays se préparent à la fin de leur exercice le 31 mars, ils devraient – tout comme les groupements d’achats et d’autres organismes de soins de santé – immédiatement mettre certaines mesures en œuvre afin de renforcer leur conformité et d’atténuer les risques croissants.

Points à retenir

  • Quels produits de soins de santé ont le plus de risques d’être le fruit de l’esclavage moderne? Ce sont l’équipement de protection individuelle (« ÉPI »), les fournitures chirurgicales, les dispositifs médicaux et les textiles qui sont les plus documentés en la matière.
  • Quels enjeux liés à la chaîne d’approvisionnement risquent d’entacher la réputation des hôpitaux? À mesure que la surveillance réglementaire s’intensifie et que les attentes en matière de transparence augmentent, des problèmes liés aux droits des travailleurs pourraient être mis au jour, créant ainsi des risques opérationnels et réputationnels pour les organismes de soins de santé de première ligne.
  • Comment les problèmes liés aux chaînes d’approvisionnement peuvent-ils perturber les activités des hôpitaux? Les marchandises non conformes destinées à un usage médical peuvent être saisies à la frontière comme n’importe quelle autre marchandise, ce qui peut entraîner des mois de retard, voire un refus d’entrée, et ainsi nuire à la prestation de soins aux patients.
  • Quelle est l’incidence des contrôles frontaliers sur les organisations canadiennes? Les mesures de détention prises par l’Agence des services frontaliers du Canada (« ASFC ») visant les importations sont passées d’une seule saisie en 2024 à près de 50 en 20251.
  • Quelles échéances les organisations de soins de santé doivent-elles prioriser? Le troisième cycle de déclaration prévu par la loi sur l’esclavage moderne dans les chaînes d’approvisionnement est désormais en cours. Les rapports pour 2025 doivent être remis le 31 mai 2026, et les attentes du marché et des régulateurs continuent d’évoluer au-delà des normes de la première année.

Produits les plus à risque dans les chaînes d’approvisionnement en soins de santé

Les hôpitaux, les groupements d’achats et d’autres organismes de santé canadiens s’appuient sur des chaînes d’approvisionnement mondiales pour se procurer de grandes quantités de dispositifs médicaux, d’ÉPI, d’instruments chirurgicaux, de produits pharmaceutiques et de textiles, dont la fabrication comporte le risque de recours à l’esclavage moderne. Des cas documentés de travail forcé et de travail des enfants ont récemment été dévoilés au sein de chaînes d’approvisionnement en soins de santé rattachées à des organisations canadiennes.

Risques accrus liés au contrôle des frontières et à la conformité

Les mesures coercitives prises par l’ASFC ont récemment augmenté, le nombre de saisies de produits motivées par des préoccupations liées à l’esclavage moderne passant d’une en 2024 à près de 50 en 2025. L’entrée au Canada a finalement été refusée à neuf des cargaisons saisies.

Pourquoi les normes de conformité de la loi sur l’esclavage moderne dans les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus strictes dans le secteur des soins de santé

Le Canada entame son troisième cycle de déclaration aux termes de la loi sur l’esclavage moderne dans les chaînes d’approvisionnement, et les organisations de soins de santé font face à des pressions croissantes en matière de conformité découlant de trois points majeurs sur le marché : la variabilité de la conformité au sein des chaînes d’approvisionnement, la surveillance accrue des organismes de réglementation et des parties prenantes, et les attentes grandissantes en matière de transparence qui pourraient exposer publiquement certaines faiblesses.

Votre feuille de route pour la conformité : de la vulnérabilité à la protection

Les organisations peuvent grandement bénéficier de la mise en œuvre de mesures de conformité exhaustives allant au-delà des exigences minimales de déclaration et de la préparation à d’éventuelles perturbations de la chaîne d’approvisionnement, telles que la saisie de marchandises à la frontière. Par exemple, la mise en place préalable de mesures de protection adéquates offre aux hôpitaux et autres établissements de soins de santé davantage d’options d’intervention, et les outille pour contester efficacement les saisies de l’ASFC ou pour gérer les risques qui se matérialisent dans la chaîne d’approvisionnement elle-même. Il suffit de mettre en œuvre quelques mesures fondamentales pour être à même de réagir lorsque des risques apparaissent.

Mesures immédiates pour les organismes de soins de santé

  • Réaliser des évaluations des risques dans la chaîne d’approvisionnement qui mettent l’accent sur les catégories à haut risque (ÉPI, instruments chirurgicaux, textiles).
  • Réviser et renforcer les contrats avec les fournisseurs en y incluant des droits d’audit, des exigences en matière de documentation ainsi que des déclarations, garanties et clauses appropriées afin d’assurer la conformité et de répartir les risques liés à l’esclavage moderne.
  • Établir des protocoles de documentation relatifs à la diligence raisonnable assortis de cadres d’évaluation des risques et d’enquête qui permettent de réagir rapidement en cas de saisie par l’ASFC.
  • Élaborer des politiques et des cadres contractuels pour la formation, le suivi et la remédiation.
  • Évaluer les cadres de conformité des groupements d’achats et combler les lacunes ciblées.
  • Préparer un rapport complet sur l’exercice financier 2025 (à remettre avant le 31 mai 2026), en veillant à ce que tous ses volets soient dûment approuvés et certifiés par le conseil d’administration, conformément à la loi sur l’esclavage moderne dans les chaînes d’approvisionnement.

BLG peut vous aider

Notre équipe est bien outillée pour aider les hôpitaux, les partenaires d’approvisionnement médical et d’autres organismes de soins de santé à préparer des rapports, à élaborer des cadres rigoureux de diligence raisonnable en matière de droits de la personne, à mettre sur pied des programmes de prévention de l’esclavage moderne, de même qu’à enquêter sur les enjeux observés. Nous vous invitons à communiquer avec les auteurs du présent article, l’une des personnes-ressources ci-dessous ou le groupe Activités internationales et droits de la personne de BLG.

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